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« Utiliser le bon mot, la bonne notion, le bon concept, avec la définition la plus couramment acceptée, ou mieux avec la définition la mieux acceptée et comprise relève parfois de l’exploit, … »
                                                     
 Patrick Triplet.

> Par cette citation, je souhaite rendre un vibrant hommage au travail de Titan réalisé sur plus de dix ans par ce biologiste, docteur en écologie dont l’ouvrage "Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature" constitue la source de très nombreuses définitions présentes dans ce glossaire. Utiliser un langage dont les mots recouvrent des concepts clairement définis permet à chacun d’aborder et de comprendre des domaines qui ne sont pas forcément de sa compétence.

> Ce glossaire qui regroupe plus de 6 000 définitions accompagnées de leur traduction anglaise est là pour vous y aider. Il couvre les domaines complémentaires que sont la Géographie, l’Écologie et l’Économie, sans oublier de faire un petit détour par la Finance qui régit dans l’ombre une bonne part de notre existence.

> Par lui-même, de définition en définition, ce glossaire vous invite à explorer l’univers riche de la conservation des milieux naturels, d’en comprendre les mécanismes et les enjeux.

À toutes et tous, nous souhaitons : “Excellente lecture et bon voyage”.

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Terme Définition
Comptabilité du capital naturel

♦ Outil de mesure du changement dans la quantité et la condition du capital naturel à différentes échelles et d’intégration de la valeur des services écosystémiques dans les systèmes de rapportage (European Commission et European Environment Agency, 2016).
♦ Équivalent étranger : Natural capital accounting.

Comptabilité verte

♦ Synonyme : Comptabilité environnementale, comptabilité des ressources naturelles.

♦ Système qui permet de répertorier, d’organiser, de gérer et de fournir des données et des informations sur l’environnement en unités physiques ou monétaires. La comptabilité verte dispense des données objectives sur l’état et les variations du patrimoine naturel, les interactions entre économie et environnement, les dépenses relatives à la prévention des dommages à l’environnement, à sa protection, ainsi qu’à la réparation des dégâts qui lui seraient causés. Elle a une influence directe sur le mode de gestion des entreprises. Elle intervient à chacune des étapes du fonctionnement des systèmes de management environnemental (SME) :

  • Évaluer les coûts et les gains des projets et des actions
  • Démontrer l’influence de la performance environnementale sur le résultat et le bilan
  • Identifier les réductions de coûts et les autres opportunités d’amélioration du résultat
  • Prouver les gains des investissements à long terme
  • Évaluer l’éco-efficience et/ou la soutenabilité de l’activité.

Elle a également une influence directe sur le mode de communication des entreprises car elle permet la diffusion d’informations environnementales. L’incorporation d’informations vertes dans les rapports annuels est un moyen d’envoyer un message positif en direction des partenaires et de les rassurer sur la réalité et la qualité de la gestion environnementale mises en oeuvre.
Au niveau national, la comptabilité environnementale recouvre trois grandes approches : des tentatives de correction des grandeurs de la comptabilité nationale (PIB ajusté, épargne ajustée), des comptes satellites de dépenses environnementales et des comptes exprimés en quantités physiques (bilans carbone, flux de matières et de résidus). Bien qu’il n’existe pas de définition unifiée de la comptabilité environnementale, des efforts sont entrepris au niveau international, pour concevoir et proposer aux États un ensemble de méthodes permettant la production de données statistiques comparables entre les États.

♦ Équivalent étranger : Green accounting, nature resource accounting.

Comptage des visiteurs

♦ Nombre de visiteurs individuels entrant ou quittant une aire protégée, quelle que soit la durée du séjour.
♦ Équivalent étranger : Visitor count.

Comptes nationaux des empreintes

♦ Calculs de l'empreinte d'une population à partir de diverses perspectives. La plus fréquemment rapportée est l'empreinte écologique de la consommation d'une population qui, pour un pays donné, mesure la biocapacité exigée par la consommation finale de tous les habitants du pays. Cela inclut la consommation des ménages ainsi que la consommation collective, comme les écoles, les routes, les pompiers, etc., qui servent les populations, mais qui ne sont pas directement payées par les ménages.
♦ Équivalent étranger : National footprint accounts.

CONAREF

♦ Acronyme pour : "Commission nationale de la réforme foncière".
En vertue de la  Loi n° 73–021 du 20 juillet 1973 portant sur le régime général des biens, régime foncier et immobilier et régimes des sûretés, telle que modifiée et complétée par la loi n° 80–008 du 18 juillet 1980 - Article 53 : « Le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l’État ».

> Ce droit n’est pas contesté dans la vision coutumière des choses ; ce que les communautés traditionnelles semblent revendiquer pour le moment, c’est une reconnaissance des terres auxquelles elles sont traditionnellement attachées, d’un droit de jouissance bien défini et protégé (à l’instar de celui du concessionnaire muni du certificat d’enregistrement).
Toutes les coutumes reconnaissent un droit foncier aux communautés traditionnelles sur les terres dont elles ont exercé la souveraineté avant même l’avènement de l’État.
Le droit foncier congolais ne contient donc aucune exigence quant à une consultation significative des communautés, à leur participation aux processus de prise de décisions ou à l’octroi de leur consentement libre, préalable et éclairé pour les activités réalisées sur les terres et les territoires qu’elles possèdent traditionnellement.

> En RDC, le plaidoyer des peuples autochtones pour leur accès à la terre date de plusieurs années. En effet, la non-reconnaissance de la « propriété collective » des terres des communautés autochtones brise l’osmose entre celles-ci et leurs ancêtres ; la non-reconnaissance des aires et terres traditionnelles des Pygmées conduit à la perte de l’identité culturelle de ceux-ci.
Pour conduire la réforme foncière, le gouvernement congolais a mis en place des structures spécifiques, notamment le Comité de pilotage de la réforme, composé de représentants des ministères ayant en charge la question des terres, et la CONAREF qui s’occupe, elle, des aspects techniques. Les délégués des peuples autochtones réunis au sein du Groupe de travail des peuples autochtones pour la réforme foncière (GTAREF) ont transmis à la CONAREF les points de vue recueillis au niveau communautaire via un processus de dialogues locaux, en préalable à la rétrocession des terres aux peuples autochtones par les groupes dominants.

♦ Équivalent étranger : National commission on land reform.

Concentration d’utilisation ; dispersion d’utilisation

♦ Stratégie où les gestionnaires cherchent à limiter les impacts négatifs d’une utilisation particulière des visiteurs en la réduisant à une partie relativement réduite de l’aire protégée.
La dispersion d’utilisation est l’inverse : une tentative de réduire les impacts négatifs en étalant l’utilisation sur une zone plus vaste, soit par l’encouragement soit par la régulation.
♦ Équivalent étranger : Concentration of use ; dispersal of use.

Concept de continuum d’un cours d’eau

♦ Fondé sur l’hypothèse qu’un gradient continu de conditions physiques existe de la source jusqu’à l’embouchure. Analogue à la théorie de l’équilibre de l’énergie des géomorphologues fluviaux, le concept de continuum d’un cours d’eau définit que les caractéristiques structurelles et fonctionnelles des communautés du cours d’eau sont adaptées pour se conformer à la position la plus probale sur le cours d’eau. Les communautés de producteurs et de consommateurs s’établissent de manière harmonieuse avec les conditions physiques et dynamiques d’une partie du cours d’eau et les communautés en aval sont définies par l’absence d’efficacité des processus situées plus en amont.
Il permet aux gestionnaires des zones humides, aux scientifiques et aux écologistes de considérer simultanément l'influence du climat et du contexte hydrologique sur les communautés biologiques des zones humides. Bien que multidimensionnel, le continuum des zones humides est le plus facilement représenté comme un gradient bidimensionnel, l'eau souterraine et l'eau atmosphérique constituant respectivement les axes horizontal et vertical.
En localisant la position d'une zone humide sur les deux axes du continuum, l'expression biologique potentielle de la zone humide peut être prédite à tout moment. Le modèle fournit un cadre utile pour l'organisation et l'interprétation des données biologiques des zones humides en incorporant les changements dynamiques que ces systèmes subissent à la suite de variations climatiques normales plutôt que de les placer dans des catégories statiques communes à de nombreux systèmes de classification des zones humides. Bien que ce modèle à partir de la documentation disponible sur les terres humides de dépression dans la région des cuvettes des prairies en Amérique du Nord, le concept a une application aux zones humides de la planète.
♦ Équivalent étranger : River continuum concept.

Concepts de fiscalité verte pour la biodiversité

♦ L’innovation fiscale verte est un levier puissant mais sous-exploité. L’idée n’est pas d’alourdir la charge des populations, mais de transformer des usages destructeurs en opportunités pour la biodiversité et les écosystèmes. À cet effet, cinq concepts de taxes inédites, pensées pour être économiquement réalistes, socialement acceptables et réellement efficaces sont en réflexion :

  1. Taxe sur les surfaces imperméabilisées (« Taxe pluie-biodiversité »)
    • Principe : faire contribuer les grands bâtiments, parkings et surfaces bétonnées qui empêchent l’infiltration naturelle de l’eau et réduisent les habitats.
    • Usage des fonds : financer des programmes de verdissement urbain, de jardins communautaires et de corridors écologiques.
    • Acceptabilité sociale : exonérer les petits ménages ; bonus fiscal si l’opérateur installe des toitures végétalisées ou des bassins de rétention.
  2. Taxe sur l’artificialisation sonore et lumineuse (« Taxe pollution sensorielle »)
    • Principe : faire payer les établissements commerciaux, zones industrielles et panneaux publicitaires lumineux qui perturbent la faune nocturne et les pollinisateurs.
    • Usage des fonds : soutenir la création de « zones refuges nocturnes » pour les oiseaux et chauves-souris.
    • Acceptabilité sociale : calcul proportionnel à la puissance lumineuse/sonore installée ; exonération si l’équipement passe à l’éclairage écologique (LED basse intensité).
  3. Taxe sur l’extraction des ressources biologiques non renouvelables (Taxe biomasse rare »)
    • Principe : imposer les industries utilisant des plantes et animaux menacés (cosmétiques, pharmacopée, artisanat).
    • Usage des fonds : financer directement la régénération de la ressource (plantations communautaires, élevages durables).
    • Acceptabilité sociale : appliquée uniquement aux entreprises, et non aux usages traditionnels domestiques.
  4. Taxe sur les produits importés destructeurs de biodiversité (« Taxe empreinte écosystémique »)
    • Principe : surtaxer les produits importés liés à la déforestation, à la surpêche ou à l’érosion de la biodiversité (huile de palme non certifiée, bois illégal, poissons surexploités).
    • Usage des fonds : soutenir les filières locales certifiées durables et financer des projets communautaires de conservation.
    • Acceptabilité sociale : ciblée sur les importateurs, pas sur les consommateurs finaux, accompagnée d’une labellisation claire pour orienter le choix des ménages.
  5. Taxe sur l’empreinte génétique (« Taxe bio-prospection équitable »)
    • Principe : prélever une contribution obligatoire sur les entreprises exploitant des gènes, semences ou espèces locales pour la recherche et le développement (cosmétiques, pharmaceutiques, agriculture).
    • Usage des fonds : alimenter un fonds souverain pour la biodiversité nationale, distribué entre communautés locales et programmes scientifiques.
    • Acceptabilité sociale : favorise le principe de « partage juste et équitable des avantages » prévu par le Protocole de Nagoya.

NB : ces taxes ne sont pas des « impôts punitifs », mais des instruments correctifs et redistributifs. Leur force réside dans l’idée que celui qui détériore l’écosystème contribue à sa restauration, et que la société entière en bénéficie.

♦ Équivalent étranger : Green taxation concepts for biodiversity.

Conchyliculture

♦ Élevage de coquillages.
♦ Équivalent étranger : Shellfish aquaculture.

Condition

♦ Mesure intégrée de la composition, de la structure et des interactions biotiques qui caractérisent l'occurrence. Elle inclut des facteurs comme la reproduction, l'âge, la structure, la composition biologique, la structure physique et spatiale et les interactions biotiques qui impliquent directement la cible (compétition, prédation, maladies).
♦ Équivalent étranger : Condition.

Condition d’un écosystème

♦ Capacité d'un écosystème à produire des services, par rapport à sa capacité potentielle.
♦ Équivalent étranger : Condition of an ecosystem.

Condition d’un service écosystémique

♦ Capacité d'un écosystème à produire des avantages aux populations humaines, par rapport à sa capacité potentielle.
♦ Équivalent étranger : Condition of an ecosystem service.

Condition écosystémique

♦ Condition physique, chimique et biologique ou qualité d’un écosystème à un moment donné.
♦ Équivalent étranger : Ecosystem condition.

Conditions favorables

♦ Pré-conditions indispensables au succès des réponses, incluant les facteurs politiques, institutionnels, sociaux économiques et écologiques.
♦ Équivalent étranger : Enabling conditions.

Conditions in situ

♦ Conditions caractérisées par l'existence de ressources génétiques au sein d'écosystèmes et d'habitats naturels et, dans le cas des espèces domestiquées et cultivées, dans le milieu où se sont développés leurs caractères distinctifs.
♦ Équivalent étranger : In-situ conditions.