« Utiliser le bon mot, la bonne notion, le bon concept, avec la définition la plus couramment acceptée, ou mieux avec la définition la mieux acceptée et comprise relève parfois de l’exploit, … »
Patrick Triplet.
> Par cette citation, je souhaite rendre un vibrant hommage au travail de Titan réalisé sur plus de dix ans par ce biologiste, docteur en écologie dont l’ouvrage "Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature" constitue la source de très nombreuses définitions présentes dans ce glossaire. Utiliser un langage dont les mots recouvrent des concepts clairement définis permet à chacun d’aborder et de comprendre des domaines qui ne sont pas forcément de sa compétence.
> Ce glossaire qui regroupe plus de 6 000 définitions accompagnées de leur traduction anglaise est là pour vous y aider. Il couvre les domaines complémentaires que sont la Géographie, l’Écologie et l’Économie, sans oublier de faire un petit détour par la Finance qui régit dans l’ombre une bonne part de notre existence.
> Par lui-même, de définition en définition, ce glossaire vous invite à explorer l’univers riche de la conservation des milieux naturels, d’en comprendre les mécanismes et les enjeux.
À toutes et tous, nous souhaitons : “Excellente lecture et bon voyage”.
| Terme | Définition |
|---|---|
| Binôme | ♦ Combinaison binominale formant le nom scientifique d'une espèce. Le premier terme désigne le genre, le deuxième désigne l’espèce. |
| Bio-agresseur | ♦ Désigne un organisme dont l’action ou le métabolisme cause des dégâts aux cultures ou aux peuplements forestiers. |
| Bio-logging | ♦ Technique consistant à recueillir des données grâce aux animaux équipés de capteurs. Elle permet non seulement le suivi à distance d’animaux de plus en plus petits, mais également d’étudier leur comportement ou leur physiologie. Grâce à l’accélérométrie qui permet de mesurer les mouvements dans les trois axes de l’espace à une fréquence allant jusqu’à 60 mesures par seconde, on peut reconstituer le mouvement en trois dimensions d’oiseaux, de mammifères ou de reptiles. L’adjonction de capteurs miniaturisés permet par exemple de mesurer la pression, et donc d’estimer la profondeur à laquelle un serpent, un manchot ou un phoque plonge, ou l’altitude à laquelle monte un oiseau lors de sa migration. > Le bio-logging est utilisé pour les programmes de conservation afin de déterminer les zones d’alimentation ou de repos des espèces menacées par les pratiques agricoles ou par les pêcheries. Les appareils intelligents et miniaturisés permettent de mesurer les paramètres océanographiques dans lesquels évoluent les animaux, et de les enregistrer ou de les envoyer par satellite en direct, transformant ces animaux en auxiliaires océanographes permettant de suivre l’évolution des océans affectés par les changements climatiques. ♦ Équivalent étranger : Bio-logging. |
| Bioaccumulation | ♦ Capacité d'un organisme vivant, animal ou végétal, à absorber et à concentrer certaines substances chimiques, parfois toxiques. Ce processus de cumul affecte le réseau trophique, dans lequel la bioaccumulation concentre les substances, difficilement excrétables, de la proie au prédateur. La mesure de la bioaccumulation d'un organisme peut constituer un bioindicateur de l'état de santé d'un environnement. |
| Bioacoustique | ♦ Étude des communications acoustiques chez les animaux. Les communications acoustiques regroupent l’ensemble des communications faisant intervenir des signaux sonores, qui se définissent comme des variations de pression se propageant dans un milieu matériel. La vibration engendrée lors de l’émission d’un signal sonore est caractérisée par une fréquence (F), liée à la période (T) par la relation F = 1/T (avec F en hertz et T en secondes), une amplitude et une durée. Tout signal acoustique peut donc être défini par ces trois paramètres |
| Bioamplification | ♦ Tendance des organismes de fin de chaîne alimentaire à concentrer de grandes quantités de polluant ou de contaminant présent dans un biotope |
| Bioamplification, amplification biologique | ♦ Désigne l'augmentation cumulative des concentrations d'une substance persistante au fur et à mesure que l'on monte dans la chaîne alimentaire. |
| Biocapacité | ♦ Fourniture de ressources et de services écosystémiques. Elle est mesurée en hectares globaux. La biocapacité est influencée à la fois par des phénomènes naturels et par les activités humaines. Elle est une mesure agrégée de la quantité de terres disponibles, pondérée par la productivité de ces terres. Elle représente la capacité de la biosphère à produire des cultures, de l'élevage (pâturages), des produits forestiers (forêt), ainsi que l'absorption de dioxyde de carbone dans les forêts. Elle reflète également dans quelle proportion sa capacité de régénération est occupée par les infrastructures (terrains bâtis). En bref, elle mesure la capacité des localités terrestres et aquatiques à fournir des services écologiques. Les changements climatiques, qu'ils soient dus aux activités humaines ou d'origine naturelle, peuvent diminuer la biocapacité forestière comme une météorologie plus sèche et plus chaude qui accroît l'incidence des feux de forêts et les infestations par les ravageurs. Par ailleurs, certaines pratiques agricoles peuvent réduire la biocapacité en augmentant l'érosion des sols et la salinité. Un calcul de biocapacité nationale commence par la superficie totale des terres bioproductives disponibles. « Bioproductive » fait référence à la terre et à la mer qui permettent l'activité photosynthétique et l'accumulation de la biomasse. Les zones arides de faible productivité sont exclues. Les domaines tels que le désert du Sahara, l'Antarctique, ou les sommets alpins supportent la vie, mais leur production est trop diffuse pour être directement exploitable par l'Homme. BC = A x YF x EQF ♦ Équivalent étranger : Biocapacity. |
| Biocarbone | ♦ Le but premier du biocarbone est de combiner la mitigation du climat avec la conservation de la biodiversité dans une même activité, généralement par la forestation, la reforestation, la conservation ou l’amélioration de la biomasse existante. |
| Biocarburant | ♦ Carburant assimilé aux énergies renouvelables et obtenu à partir de la transformation de ressources agricoles (maïs, colza, betterave, canne à sucre, huile de palmier, etc.) ou autres (algues). Cette énergie est biodégradable, mais son bilan environnemental dépend du mode de production : la production de la matière première peut nécessiter une agriculture intensive consommatrice de produits phytosanitaires. Devenus rentables du fait de l'augmentation du cours du pétrole et de la mise en place de subventions, les biocarburants sont à l'origine d'une accélération de la déforestation (Brésil). Ils favorisent l'épuisement des sols et soustraient des terres arables à la production alimentaire. |
| Biocénose climacique | ♦ Biocénose relativement stable (à maturité), résultant de l'interaction des êtres vivants et du climat au cours d'une succession et en équilibre avec les conditions physiques locales. |
| Biocénose résiduelle adaptative | ♦ Ensemble d’espèces survivantes dans un écosystème dégradé jouant un rôle clé dans sa régénération. |
| Biocénose, biocœnose | ♦ Ensemble des groupes écologiques fondamentaux d'organismes qui peuplent tout écosystème : les producteurs (végétaux autotrophes), les consommateurs (animaux et décomposeurs, champignons et micro-organismes hétérotrophes). |
| Biocentrisme | ♦ Concept selon lequel toute forme de vie a une valeur intrinsèque et mérite d'être respectée. Le biocentrisme est à l'origine des mouvements pour les droits des animaux, domaine qui ne constitue pas une éthique de l'environnement proprement dite. |
| Biochimie | ♦ Application de la chimie aux systèmes chimiquement organisés que sont les systèmes biologiques. Les composants chimiques y sont hautement spécifiques, bien souvent macromoléculaires, comme les protéines, et les réactions chimiques, en général catalysées par les enzymes, sont la plupart du temps couplées de manière hiérarchique. |