« Utiliser le bon mot, la bonne notion, le bon concept, avec la définition la plus couramment acceptée, ou mieux avec la définition la mieux acceptée et comprise relève parfois de l’exploit, … »
Patrick Triplet.
> Par cette citation, je souhaite rendre un vibrant hommage au travail de Titan réalisé sur plus de dix ans par ce biologiste, docteur en écologie dont l’ouvrage "Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature" constitue la source de très nombreuses définitions présentes dans ce glossaire. Utiliser un langage dont les mots recouvrent des concepts clairement définis permet à chacun d’aborder et de comprendre des domaines qui ne sont pas forcément de sa compétence.
> Ce glossaire qui regroupe plus de 6 000 définitions accompagnées de leur traduction anglaise est là pour vous y aider. Il couvre les domaines complémentaires que sont la Géographie, l’Écologie et l’Économie, sans oublier de faire un petit détour par la Finance qui régit dans l’ombre une bonne part de notre existence.
> Par lui-même, de définition en définition, ce glossaire vous invite à explorer l’univers riche de la conservation des milieux naturels, d’en comprendre les mécanismes et les enjeux.
À toutes et tous, nous souhaitons : “Excellente lecture et bon voyage”.
| Terme | Définition |
|---|---|
| Principe de Gause | ♦ Principe qui établit que deux espèces ne peuvent pas coexister sur le même site si celui-ci présente des ressources limitées et que les deux espèces ont des besoins écologiques identiques (voir également exclusion compétitive). Si deux espèces sont en compétition pour une même ressource essentielle, globalement l’une fera mieux que l’autre. C’est, en d’autres termes, l’espèce dont les caractéristiques physiologiques sont les mieux adaptées aux conditions environnementales qui l’emporte dans la compétition trophique et qui tend à devenir l’espèce dominante de sa niche écologique dans l’écosystème. |
| Principe de précaution | ♦ Terme utilisé pour la première fois, en anglais, vers 1988 qui établit que si une action ou une politique présente un risque de provoquer des dommages aux populations ou à l'environnement, en l'absence d'un consensus scientifique sur ce point, la charge de la preuve doit être apportée par celui qui met en œuvre cette action ou cette politique. Le principe permet aux politiques de prendre des décisions dans des situations où il existe un risque de provoquer un dommage à partir d'une décision particulière quand des informations scientifiques extensives ne sont pas disponibles. Le principe implique qu'il existe une responsabilité sociale à protéger le public d'une exposition à un dommage, quand des investigations scientifiques ont trouvé une cause plausible. > Le principe peut aussi être appliqué par le biais d'une anticipation préventive, ou la volonté d'agir avant d'avoir la preuve scientifique qu'il est nécessaire de le faire, parce qu'un délai supplémentaire s'avérerait finalement plus coûteux pour la société et la nature et, à long terme, égoïste et injuste pour les générations à venir. Il a évolué vers un plus large spectre de principes, qui comprend maintenant :
> Le Principe de précaution est important à prendre en compte dans le cadre de travail légal des aires protégées pour la prise de décision en matière de définition et de gestion des aires protégées. Il fournit une garantie quand il existe un manque de certitude relativement à une menace mais ne doit pas être utilisé comme une excuse pour ne pas prendre de mesures contre le risque encouru. Il fournit en fait une base politique pour anticiper, éviter et mitiger les menaces à l'environnement naturel. Son usage s'est généralisé dans la conservation et dans le développement durable car les décisions à prendre doivent de plus en plus prendre en compte l'incertitude et la complexité des situations à affronter. > Le Principe de précaution ne devrait pas être interprété comme un signal "Stop" mais comme un signal "Avancez avec prudence". En effet, la prise mesurée de risques est la seule façon de progresser et s'interdire toute expérimentation au prétexte de la précaution peut aboutir à des effets contraires, à savoir, une perte des valeurs que l'on souhaite conserver. Il y a donc nécessité d'ajuster le principe aux enjeux et d'éviter tout dogme intangible en la matière et de laisser expérimenter selon des protocoles sérieux. > Le raisonnement derrière le principe de précaution est simple : mieux vaut prévenir que guérir (better safe than sorry). ♦ Équivalent étranger : Precautionary principle. |
| Principe de précaution pour éviter les dérangements | ♦ Il n'est pas toujours simple de déterminer quel est le rôle exact d'une activité humaine et le dérangement qu'elle crée sur le déclin constaté d'une espèce. Parfois, le principe de précaution doit être appliqué afin d'être sûr que la présence de visiteurs sur une zone déterminée n'est pas un élément susceptible d'entraîner des problèmes supplémentaires à une population animale. De manière générale, les précautions suivantes peuvent permettre, une fois adaptées au contexte local, de résoudre un certain nombre de problèmes :
♦ Équivalent étranger : Precaution principle to prevent disturbances. |
| Principe de prévention | ♦ Principe qui fonde le droit de l'environnement car il définit la mise en œuvre de règles et d'actions pour anticiper tout type d'atteinte à l'environnement. |
| Principe pollueur payeur | ♦ Principe de politique environnementale selon lequel le coût de la pollution est assumé par ceux qui l'ont causée. Il est mis en œuvre par deux approches différentes : l'approche régulatrice et l'approche fondée sur les mécanismes du marché. L'approche régulatrice est principalement constituée de standards de performance et de régulations environnementales dans la production d'une technologie polluante donnée. Les instruments fondés sur les mécanismes du marché consistent en écotaxes, labels ou marchés de permis échangeables. |
| Principes de Johannesburg relatifs au rôle du Droit et au Développement durable | ♦ Du 18 au 20 août 2002, des magistrats du monde entier se sont réunis à l’occasion du colloque mondial des juges sur le développement durable et le rôle du droit à Johannesburg (Afrique du Sud) qui était accueilli par le Président de la cour constitutionnelle sud-africaine, son excellence le Juge Arthur Chaskalson, sous les auspices du programme des nations unies (PNUE). A l’issue du colloque les juges ont adopté la déclaration suivante : > Nous affirmons adhérer à l’engagement pris par les dirigeants du monde dans la Déclaration du millénaire adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2000 de n’épargner aucun effort pour éviter à l’ensemble de l’humanité, et surtout à tous nos enfants et à nos petits-enfants, d’avoir à vivre sur une planète irrémédiablement dégradée par les activités humaines et dont les ressources ne peuvent plus répondre à leurs besoins. > Nous affirmons que l’indépendance du pouvoir judiciaire et les procédures juridictionnelles revêtent une importance cruciale pour l’application, l’élaboration et le respect du droit de l’environnement, et que la magistrature ainsi que ceux qui contribuent aux procédures juridictionnelles aux niveaux national, régional et mondial, sont des partenaires incontournables si l’on veut favoriser le respect, l’application et l’exécution du droit international et national en matière d’environnement. Nous insistons sur le fait qu’il importe de résoudre de manière pacifique les conflits de façon à éviter les situations dans lesquelles les armes de guerre – produits toxiques, rayonnements, mines terrestres et armes de destruction physique – dégradent l’environnement et causent des dommages irréparables directement et indirectement par le biais des atteintes portées à l’agriculture et le déplacement massif des populations. > Nous convenons que le pouvoir judiciaire a un rôle déterminant à jouer dans l'intégration des valeurs humaines énoncées dans la Déclaration du millénaire des Nations Unies que sont la liberté, l’égalité, la solidarité, la tolérance, le respect de la nature et le partage des responsabilités, à la civilisation mondiale contemporaine en concrétisant ces valeurs communes au moyen du renforcement et du respect des principes du droit aux niveaux international et national. Nous sommes convaincus qu’un pouvoir judiciaire au fait du développement rapide du droit de l’environnement et conscient de son rôle et de ses responsabilités en ce qui concerne l’application, le développement et l’exécution des législations, des règlements et des accords internationaux relatifs au développement durable, se doit de jouer un rôle déterminant lorsqu’il s’agit d’intéresser davantage le grand public à la nécessité de disposer d’un environnement salubre et sûr. > Nous sommes également d’avis que l’inégalité existant entre les nations puissantes et celles qui ne le sont pas, en ce qui concerne les moyens et les possibilités d’intervenir pour favoriser l’exploitation viable de l’environnement mondial commun, impose aux premières une plus grande responsabilité pour ce qui est de la protection de l’environnement mondial. > Nous convenons des principes ci-après qui devraient orienter le pouvoir judiciaire aux fins d’avancement des objectifs du développement durable grâce à la primauté du droit et des pratiques démocratiques :
Pour que ces principes soient mis en oeuvre nous proposons d’inscrire au programme de travail les éléments suivants :
♦ Équivalent étranger : Johannesburg Principles on the Role of Law and Sustainable Development. |
| Privatisation | ♦ La privatisation de l’accueil peut rendre d’inestimables services à une aire protégée. En effet, elle permet à l’administration de l’aire protégée de mieux se consacrer à ses tâches régaliennes en étant dégagée des activités commerciales, qui sont alors à même d’être mieux gérées. Aussi la qualité des services peut-elle être grandement améliorée. La force d’une structure privée réside dans différents domaines :
La vraie question à se poser est celle du type de prestataire :
> Dans de nombreuses aires protégées d’Afrique francophone, la première solution est privilégiée, alors que la seconde prédomine en Afrique anglophone. Le choix fait en Afrique francophone a pour conséquence d’établir un lien direct et partenarial entre l’aire protégée et les communautés villageoises alentours. Ce partenariat fait oublier l’époque où les aires protégées étaient regardées d’un oeil hostile en raison de leur implantation au détriment d’us et coutumes locales, implantation pouvant parfois s’accompagner de déplacements de villages. Quel que soit le choix du type de prestataire, la privatisation peut permettre de profiter de l’expérience et du savoir de structures qui ont déjà mis en oeuvre des opérations du même genre. Elle peut permettre de diversifier les sources de financement pour les aires protégées en ayant accès à des ressources réservées à des organisations non gouvernementales (ONG), par exemple. Elle peut également permettre de tisser plus facilement des liens avec des ONG et des organismes officiels chargés de l’écotourisme et d’intégrer une dimension environnementale dans la démarche de développement de ceux-ci. ♦ Équivalent étranger : Privatization (en), privatisation (US). |
| Procaryote | ♦ Organisme cellulaire sans noyau distinct. Les bactéries, les algues bleues et les algues vertes sont des procaryotes. |
| Processus adaptatif | ♦ Mécanisme permettant à une entité écologique de répondre de manière adéquate à une modification des facteurs de l'environnement. |
| Processus d’évaluation | ♦ Exécution d'une suite d'opérations d'évaluation afin de qualifier l'état d’un site selon un ou plusieurs éléments de qualité, sur une période donnée et conformément à un profil d'évaluation donné. |
| Processus d’innovation | ♦ Processus complexe, interactif, parfois tourbillonnaire et imprévisible, très influencé par son environnement, dont le pilotage peut être incertain, voire impossible. Il comporte des phases d’accélération, de ralentissement, et de crise, et implique de nombreux allers-retours entre actions de recherche et actions entreprises par les partenaires des chercheurs, jusqu’à parvenir à la mise en œuvre des innovations par les utilisateurs finaux. |
| Processus éco-évolutifs | ♦ Incluent notamment l’évolution génétique, la plasticité phénotypique, la dynamique des populations, des communautés et des écosystèmes. |
| Processus écologiques | ♦ Les processus écologiques sont les attributs dynamiques des écosystèmes, incluant les interactions entre organismes et les interactions entre les organismes et leur environnement, ainsi que les interactions entre les écosystèmes. Les processus écologiques constituent donc la base de l'auto-fonctionnement d'un écosystème. Ils opèrent à différentes échelles et incluent, par exemple, le cycle des nutriments, les flux d'énergie, la formation du sol, la fixation de l'azote, le stockage de carbone, les relations prédateurs-proies, les cycles d'incendies, les migrations saisonnières et les pollinisations. Liés étroitement à la structure d'un écosystème, mais non synonyme du fonctionnement de l'écosystème, ils correspondent plutôt à tout changement ou réaction qui se produisent dans les écosystèmes, qu'ils soient physiques, chimiques, énergétiques ou biologiques. > Quand les fonctions des écosystèmes sont strictement définies de cette façon, les autres attributs dynamiques se distinguent comme processus écosystémiques tels que la stabilisation du substrat, le contrôle microclimatique, la différenciation des habitats pour les espèces spécialisées, la pollinisation et la dispersion des graines. Le fonctionnement à plus large échelle spatiale est généralement conçu en termes plus généraux, comme la rétention à long terme des nutriments et de l'humidité et le maintien de tout l'écosystème. > Certains processus dynamiques sont d'origine externe, comme les feux, les inondations, les vents violents, les chocs salins des marées et des tempêtes, les gelées et les sécheresses. Ces processus externes stressent le biote et sont parfois désignés comme des stresseurs. ♦ Synonymes : Fonctions écosystémiques, processus écosystémiques ♦ Équivalent étranger : Ecological processes. |
| Processus écosystémiques | ♦ Voir : Processus écologiques. |
| Producteurs | ♦ Végétaux chlorophylliens qui sont capables de fabriquer et d'accumuler de l'énergie sous forme de matières organiques synthétisées (glucides, lipides, protides). |