« Utiliser le bon mot, la bonne notion, le bon concept, avec la définition la plus couramment acceptée, ou mieux avec la définition la mieux acceptée et comprise relève parfois de l’exploit, … »
Patrick Triplet.
> Par cette citation, je souhaite rendre un vibrant hommage au travail de Titan réalisé sur plus de dix ans par ce biologiste, docteur en écologie dont l’ouvrage "Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature" constitue la source de très nombreuses définitions présentes dans ce glossaire. Utiliser un langage dont les mots recouvrent des concepts clairement définis permet à chacun d’aborder et de comprendre des domaines qui ne sont pas forcément de sa compétence.
> Ce glossaire qui regroupe plus de 6 000 définitions accompagnées de leur traduction anglaise est là pour vous y aider. Il couvre les domaines complémentaires que sont la Géographie, l’Écologie et l’Économie, sans oublier de faire un petit détour par la Finance qui régit dans l’ombre une bonne part de notre existence.
> Par lui-même, de définition en définition, ce glossaire vous invite à explorer l’univers riche de la conservation des milieux naturels, d’en comprendre les mécanismes et les enjeux.
À toutes et tous, nous souhaitons : “Excellente lecture et bon voyage”.
| Terme | Définition |
|---|---|
| APAC | ♦ Acronyme pour : "Aires de patrimoine autochtone et communautaire". Le terme « APAC » est une abréviation pour un phénomène qui se manifeste de façons très diverses et qui a une multitude de noms dans des cultures et lieux à travers le monde. Elles peuvent être : wilayah adat, himas, agdals, territorios de vida, territorios del buen vivir, tagal, qoroq-e bumi, yerli qorukh, faritra ifempivelomana, qoroq, domaines ancestraux, country, aires communautaires conservées, territorios autonomos comunitarios, sites naturels sacrés, aires marines localement gérées, et bien d’autres encore. Les trois caractéristiques suivantes permettent d’identifier une APAC :
Si une APAC remplit ces trois caractéristiques, elle est dite « APAC définie ». Si seulement une ou deux de ces caractéristiques sont présentes, il ne s’agit pas d’une APAC définie, mais d’une « APAC perturbée » ou d’une « APAC désirée ». Depuis 2015, on utilise communément une typologie d’APAC selon le statut de ses caractéristiques. Dans ce cas, les « APAC définies » remplissent les trois caractéristiques ; les « APAC perturbées » sont connues pour les avoir remplies dans le passé, mais ce n’est plus le cas à présent à cause de perturbations qui peuvent encore être inversées ou contrecarrées ; et les « APAC désirées » ont le potentiel pour développer ces trois caractéristiques et leur communauté gardienne est prête à y travailler. Les « APAC perturbées » peuvent être des territoires et des aires, contrôlées depuis longtemps par des communautés locales ou des peuples autochtones, qui sont en mauvais état de conservation pour diverses influences et conditions qui se sont passées en dehors de leur contrôle. Elles peuvent aussi être des territoires et aires bien conservés dans lesquels les communautés souhaiteraient vivre de façon durable, mais à qui on a supprimé ou confisqué la gestion à cause d’initiatives de développement, de conservation ou pour d’autres raisons. Elles peuvent être « perturbées » parce qu’il n’existe aucune façon de les accommoder sous une législation ou politique nationale (dans certains cas, la législation nationale ne reconnait même pas l’existence des « communautés » ou « peuples autochtones » comme acteurs sociaux). Dans ces cas, les APAC peuvent exister de facto sur le terrain et jouer un rôle important pour la conservation de la biodiversité… mais n’avoir qu’une faible sécurité à long-terme. Le défi est de s’assurer que les APAC perturbées sont reconnues et soutenues de façon appropriée pendant qu’elles se recrééent et se renforcent. Toutes les APAC devraient bénéficier de reconnaissance, de soutien et de protection contre les menaces. Les « APAC désirées » peuvent être liées au plan de vie de communautés nouvelles ou reconstituées, dont les membres ont décidé de s’allier, et sont liés par un environnement Au cours des dernières décennies, les APAC ont été connues et reconnues comme éléments essentiels de la conservation de la nature, de modes de vie durables, de l’accomplissement de droits et responsabilités collectifs, ainsi que du bien-être des êtres vivants sur la planète – qui sont tous attaqués par diverses forces économiques et politiques. Elles comprennent des cas dans lesquels des pratiques traditionnelles, dont certaines d’origines anciennes, ont été poursuivies, récupérées, modifiées, ainsi que de nouvelles initiatives comme la restauration d’écosystèmes et l’usage innovant de ressources employées par des peuples autochtones ou des communautés locales, face à des menaces et opportunités.
Il est généralement estimé que la couverture mondiale des APAC est comparable à celle des aires protégées gouvernementales, c’est-à-dire autour de 13% de la surface terrestre de la planète. À travers le monde, 400 à 800 millions d’hectares de forêt sont possédés/administrés par des communautés et des terres et ressources dans d’autres écosystèmes sont aussi sous le contrôle communautaire. Il n’est pas question de dire que toutes les aires sous contrôle communautaire sont effectivement conservées et sécurisées (et donc considérées comme « APAC définies »), mais il en existe un nombre important et significatif.
♦ Équivalent étranger : Territories and areas conserved by indigenous peoples and local communities. |